Voici le mail adressé, hier, aux adhérents, sympathisants, volontaires expliquant les raisons strictement locales qui m'ont amené à ce lourd renoncement :
Après mûre réflexion, je fais le choix, aujourd’hui, de démissionner de mes fonctions de Vice - Présidente et de Déléguée
Départementale au MoDem de la Creuse.
Je continuerai d'honorer, pour le moment, le mandat de Conseillère Nationale que l'ensemble des
adhérents du Limousin m'ont confié.
Par là même, je renonce à ma demande d'investiture pour les Législatives.
Ma motivation, ma présence Terrain avaient laissé penser à beaucoup que ma candidature était naturelle sans même que je ne me
prononce jamais officiellement à ce sujet et travaillant jusqu'au bout à envisager d'autres candidatures pertinentes, comme ma responsabilité l'exigait. Effectivement, je
portais un grand intérêt à cette élection. Le climat local en a eu raison. Dès mi -Avril, je faisais part au siège parisien de mes réserves.
Les instances nationales ont bien évidemment été informées de mon choix du jour.
J'ai décidé de renoncer à mes fonctions non par dépit, non en raison du résultat de la Présidentielle mais pour des raisons
strictement départementales. Je le fais pour être en cohérence avec mes valeurs, avec tout ce qui fait mon engagement depuis 2007.
Avant de vous en exposer le détail, je veux y mettre un préalable impératif,
primordial : cela ne concerne en rien François Bayrou pour qui j’ai une estime infinie. Sa personnalité est exceptionnelle, il est
doté d’un courage politique rare, d’une intégrité, d’une justesse dans sa vision pour le pays, qui forcent l’admiration et le respect. Son positionnement personnel du 2e tour reste à
expliquer, c'est vrai. Je me suis moi - même positionnée différemment, pour un vote blanc et en même temps, je respecte sa décision. C'est l'avenir qui lui donnera raison ou
pas...
Par ailleurs, je continue de me reconnaître dans les valeurs et le projet d'un courant centriste. Je reste passionnée par
l'action politique, citoyenne.
Il y
a, aussi, des militants, des volontaires formidables - dont Vous êtes - dont je salue l’énergie, la créativité, la finesse de réflexion,
l'authenticité. J'ai une pensée particulière et affectueuse pour Mathieu Charvillat, dont les talents trouveront, à coups sûrs, leur chemin en politique.
Simplement, depuis des mois, je suis en désaccord complet avec la méthode de gouvernance du Président départemental,
Eric Daubechies, tant sur le plan éthique, organisationnel qu'humain. A tel point qu'il m'est devenu insoutenable de poursuivre. Je démissionne pour mettre un terme à l'escalade
infernale qui dure, ici, depuis plus d'un an. Je ne suis pas entrée en politique par opportunisme mais par convictions et même idéalisme. Je ne prétends pas avoir toutes les aptitudes,
toutes les qualités, je tente de faire de mon mieux avec sérieux, enthousiasme et volonté de partage.
Je vais évoquer, devant vous, simplement quelques éléments non exhaustifs, tant la liste serait longue. L'ensemble de mes
déclarations est basée sur des éléments factuels et vérifiables. Cette communication de ma part n'appelle ni prise de position ni commentaire. Merci de penser que je suis seule
à savoir le coût de ce à quoi j'ai dû être confrontée.
* Ethique d'abord :
- Car je ne peux pas / plus cautionner des procédés dénués de transparence et de démocratie. Comme celui de refuser, lors des
élections internes, de communiquer au bureau et aux adhérents le détail des résultats de son élection, dépouillés par lui - même. Pour rappel, son élection n'a été rendue possible que par
le retrait, 2 jours avant le scrutin, de Mathieu Charvillat auprès duquel Eric Daubechies a pris des engagements en matière de fonctionnement, qu'il n'a, depuis, pas tenu. Ce retrait ôtait, par
là même, l'obligation d'atteindre la majorité absolue, règle du scrutin. Parce que tout finit par se savoir, j'appris plus tard, qu'Eric Daubechies ne l'avait, de toute façon, pas
atteinte.
- Car il ne m'est pas supportable non plus d'assister à l'instauration d'un système de clan - et même de mini clique - au
sein du Bureau départemental. Se servant de liens personnels hors MoDem avec certains membres du Bureau départemental, profitant d'un vide réglementaire pour coopter sans élection un ami
personnel, Eric Daubechies s'assure le soutien inconditionnel et au discernement "bienveillant" de plusieurs personnes au sein de l'organe exécutif. La séquence "Campagne
Présidentielle" a été la démonstration de cet état de fait, privilégiant les inclinaisons du président plutôt que l'intérêt général comme la coordination et les actions.
- Je regrette, par ailleurs, et comme certains adhérents, le manque de consultation interne. Le dernier exemple en date est la
consultation sur le positionnement du 2e tour qui a été uniquement à mon initiative de Conseillère Nationale
Je considère que tout ceci va à l'encontre des valeurs d'exemplarité, d'intégrité, de transparence et de démocratie prônées
par notre mouvement.
* Organisationnel ensuite :
Dans le domaine du fonctionnement, c'est bien l'improvisation, l'indécision et la procrastination qui sont les valeurs de
référence.
- Les règles traditionnellement d'usage dans le fonctionnement d'une telle organisation sont systématiquement refusées par
Eric Daubechies, malgré la preuve de la non - pertinence et de l'inefficacité de sa méthode de travail.
- Il en est de même pour les délais, la fréquence aléatoire et épisodique des réunions, la coordination, la nécessité
d'impulsion, les actions Terrain... La construction de réseaux n'existe pas en dehors des initiatives menées par Mathieu Charvillat et moi - même.
-Il n'impulse aucun travail de fonds sur les dossiers locaux. Et dire qu'Eric Daubechies répète à l'envi qu'il sera le
prochain maire de Guéret avant même d'avoir entamé le moindre travail. Michel Vergnier peut assurémment dormir sur ses 2 oreilles...
- L'expression politique du président est réduite à son strict minimum. Je viens de passer plus de 2 ans à être la plume de 80%
des contributions d'Eric Daubechies, jusqu'à rédiger, dans l'urgence, sa profession de foi pour les Cantonales 2011 pour lui sauver la mise. Sa plume et souvent sa boîte à idées.
Combien de fois ai - je pris la décision de pallier à ses absences, retards...
Le point de rupture en matière organisationnelle prend sa source dans la venue de François Bayrou en Mai 2011. Par peur de faire
remonter au national une demande de changement programmatique, Eric Daubechies a préféré la fuite pendant 5 jours en pleine séquence, coupant téléphone et boîte mail, laissant l'équipe
désemparée, m'obligeant à en prendre la charge. Je reconnais ne pas être parvenu à lui pardonner sa défection dans ce qui aurait dû être un moment de partage, de fête. Tout comme il m'a
été décevant qu'il recueille, personnellement, les félicitations à Paris sans jamais en faire part à l'équipe locale.
* Humain, enfin :
- Parce qu'avec l'ensemble du Conseil Dptal, j'ai porté, en Septembre 2011 et après l'échec de dialogues avec le Président, une
demande de médiation auprès des Secrétaires Généraux - et ce, afin qu'Eric Daubechies puisse parvenir à incarner sa fonction et non pour l'évincer - je me suis attirée les foudres de sa
rancoeur. Après s'être engagé sur la feuille de route nationale qu'il s'est empressé de ne pas respecter, Eric Daubechies n'a eu de cesse de jouer toute la gamme de la vengeance : de la
rétention d'infos, des mensonges, mesquineries, aux tentatives de marginalisation et autres coups bas qu'il serait trop long d'évoquer ici. Quitte à mettre en danger l'intérêt du
mouvement, celui de la campagne, quitte à saborder des compétences. Mais toujours avec le masque public de la courtoisie.
Nommée "déléguée - filet de sécurité" en Octobre 2011 par le Bureau National, je n'avais pas imaginé le prix à payer sur le plan
humain. Je n'avais pas imaginé qu'Eric Daubechies ne respecterait pas cette fonction qui constitue, avec celle du Président, l'axe moteur d'un mouvement départemental.
J'ai voulu tenir bon au regard de l'enjeu supérieur que constituait, pour moi, la campagne présidentielle.
- Que penser aussi de l'alternance, chez lui, de périodes de quasi - euphorie et d'isolement pendant
laquelle aucun contact n'est plus possible ?
- Cela s'ajoute à tant d'indélicatesses, de maladresses impensables. Ceux qui ont eu à traverser adversité ou deuil, ont pu
expérimenter la courte durée de son empathie malgré ses déclarations toujours grandiloquentes
Ma décision est douloureuse et en même temps libératrice.
J'ai apprécié, naïvement, pendant la campagne, l'engagement de François Bayrou sur "l'avantage à la compétence, la loyauté,
le caractère". Parfois, pour certains, les mots restent des mots. Pour ma part, ils ont un sens.
La politique, comme il en va de certaines institutions, "il y a ceux qui la servent, ceux qui s'en servent, ceux qui la
desservent".
A méditer.
Je vous remercie de m'avoir lue.
Chaleureusement"